L’Etat protège le village de Chêne-Bougeries

 Le Canton a adopté le plan de site de la Commune. Le hameau sera rénové en conservant son architecture typique du XVIIIe siècle.

Les fenêtres murées et les bâtiments décrépis du goulet de Chêne-Bougeries devraient bientôt n’être qu’un lointain souvenir. Le Conseil d’Etat vient en effet d’adopter le plan de site élaboré par la Commune. Ce document vise à protéger le secteur nord du hameau – rectangle situé entre la rue de Chêne-Bougeries et les chemins De-La-Montagne, du Pont-de-Ville et de la Fontaine – qui présente encore les caractéristiques architecturales typiques du village-rue de la fin du XVIIIe siècle. Il s’inscrit dans un vaste projet de revalorisation de l’ensemble qui prévoit la mise sur le marché de 80 nouveaux logements.

Après plus de quarante ans d’attente et un nombre conséquent de projets écartés, il s’agit d’une bonne nouvelle pour la commune. Les autorisations de construire pour la rénovation d’une première série de bâtiments longeant la route de Chêne seront déposées le 30 juin, annonce d’ores et déjà le magistrat Vert Jean-Michel Karr. «Grâce au plan de site, nous ne devrions pas avoir d’opposition de la Commission des monuments, de la nature et des sites», ajoute, satisfait, le conseiller administratif.

Mais si cette avancée réjouit tous les élus, elle cache son lot d’écueils. En effet, l’unité communale se rompt lorsqu’on aborde l’aménagement des cours intérieures des immeubles. Selon le plan de site, ces anciens potagers convertis en débarras par les artisans doivent être transformés en un espace public, qui deviendra alors la nouvelle «place du village». Pour avancer rapidement dans ce projet, la Commune souhaitait acquérir la maîtrise foncière des parcelles. Elle possède déjà près de la moitié de la surface du périmètre, mais il lui manque l’espace central intérieur. «C’est le plus important, relève la maire, la PLR Marion Garcia-Bedetti. Tout le projet s’articule autour de cette place.»

Cela tombait bien, les propriétaires de la parcelle sont d’anciens conseillers municipaux et étaient prêts à vendre leur bien à la Commune. Malheureusement, celle-ci a raté la transaction de peu. Marion Garcia-Bedetti accuse son collègue Jean-Michel Karr d’être responsable de cet échec. Ce dernier rétorque qu’un privé a proposé une offre plus alléchante et qu’il n’a rien pu faire.

Reste que la future «place du village» est désormais entre les mains d’un fonds de placement immobilier. Le magistrat Vert assure que «le résultat sera au final le même» car les propriétaires sont obligés de suivre les indications du plan de site: la maire craint de son côté que ceux-ci ne souhaitent pas réaménager la cour et compliquent le déroulé des travaux. Si les façades des immeubles, côté rue, retrouveront donc prochainement une nouvelle jeunesse, les cours intérieures risquent, elles, de porter les stigmates des années encore un moment.
Source : article de  Céline Garcin

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