Glossaire maçonnerie

Adjuvant – Produit ajouté au mortier en faible quantité pour améliorer certaines propriétés. On distingue les adjuvants modifiant les caractéristiques de mise en œuvre et ceux intervenant sur les propriétés des mortiers ayant fait leur prise (amélioration des performances).

Aérienne – Caractère d’une chaux qui fait sa prise avec le gaz carbonique de l’air.

Agrégat – Matériau inerte, le plus souvent d’origine minérale (silice, calcaire), entrant dans la composition des mortiers, pour former la charge (sable, gravier, cailloux roulés issus de lits de rivières ou concassés provenant de carrières).

Aluminate – Sel formé à partir d’aluminium. Contribue par calcination avec des carbonates de calcium à l’hydraulicité des chaux.

Badigeon de chaux – Lait de chaux coloré, appliqué sur des enduits, parfois sur des parements de pierre. Composition : 2 à 3 volumes de chaux éteinte pour 1 volume d’eau.

Berthelet – Outil à deux tranchants, l’un lisse, l’autre brettelé, utilisé pour recouper les enduits de plâtre et de chaux.

Béton – Agglomérat de cailloux, graviers, sable réunis par un liant. Il se distingue d’un mortier par la taille importante des agrégats.

Blanc de chaux – Carbonate de calcium, calcaire broyé, utilisé comme pigment blanc. On le trouve souvent sous le nom de blanc de St-Jean. C’est alors une chaux aérienne éteinte ayant carbonatée.

Calcaire – Nom général des roches sédimentaires contenant du carbonate de calcium.

Calciner – Action de soumettre à une température élevée. Provient du latin calcis qui désigne la transformation du calcaire en chaux sous l’action de la chaleur.

Carbonatation – Opération de transformation en carbonate à partir d’acide carbonique (gaz carbonique dissous dans l’eau). C’est l’opération de prise d’une chaux aérienne. Le chapitre sur la carbonatation sur ce même site aborde le traitement de la carbonatation du béton.

Chaulage – Lait de chaux épais généralement blanc. Il se compose d’environ 1 volume de chaux éteinte pour 1 volume d’eau. Terme utilisé aussi en agriculture dans le cas d’amendements à la chaux le plus souvent réalisé juste après l’extinction de la chaux afin de bénéficier du caractère basique désinfectant.

Chaux aérienne – Chaux ayant la propriété de faire sa prise à l’air, par réaction avec le gaz carbonique. Plus le calcaire servant à leur fabrication est pur, plus la chaux sera aérienne. On parle aussi de chaux grasse du fait des propriétés de plasticité et d’onctuosité des mortiers dans la composition desquels elle entre.

Chaux aérienne éteinte – Les chaux aériennes éteintes utilisées dans le bâtiment (CL) sont des chaux issues du calcaire ayant formé par calcination puis extinction (à l’aide d’eau) des hydroxydes de calcium ou hydrates de chaux. On parle parfois de fleur de chaux ou de chaux blutée.

Chaux en pâte – Chaux éteinte avec un excès d’eau et formant ainsi une pâte.

Chaux éteinte – Après calcination des calcaires, l’extinction de la chaux vive par apport d’eau donne les chaux éteintes dans le cas de calcaires purs.. Voir aussi chaux aérienne éteinte.

Chaux grasse – Voir chaux aérienne.

Chaux hydratée – Voir chaux aérienne éteinte.

Chaux hydraulique – Chaux ayant la propriété de faire tout ou partie de sa prise à l’eau. Appellation personnalisée HL pour Hydraulic Lime ou NHL pour les chaux hydrauliques naturelles.

Chaux hydraulique artificielle – Liant d’origine artificielle, à apparenter à la famille des ciments (XHA).

Chaux hydraulique naturelle – Chaux obtenue par calcination d’un calcaire impur (contenant des silicates ou des aluminates) ayant la propriété de faire une partie de sa prise à l’eau et l’autre à l’air. La formulation normalisée pour les désigner est NHL

Chaux magnésienne – Chaux formée à partir de calcaires contenant de la magnésie. On parle aussi de chaux dolomitique (DL), ces chaux sont comparables aux chaux aériennes (CL).

Chaux maigre – Voir chaux hydraulique naturelle. C’est l’ancien terme désignant la chaux hydraulique et éminemment hydraulique.

Chaux moyenne – Chaux ayant la propriété de faire pour une faible partie sa prise à l’eau. C’est une chaux faiblement hydraulique.

Chaux vive – Matériau obtenu par calcination d’un calcaire. Son avidité pour l’eau lui a valu son nom. Dans le cas de calcination d’un calcaire pur on obtient un oxyde de calcium.

Ciment – Liant obtenu par mélange et calcination de composants (calcaires, fillers, clinkers, pouzzolane, laitiers, cendres…).

Corps d’enduit – Dans le cas d’un enduit à trois couches, le corps d’enduit ou dressage est la seconde couche. Il contribue à assurer la planéité du support (on parle aussi de couche de dressage) mais aussi d’imperméabilisation et d’isolation.

Couvrant – Propriété d’un lait de chaux à couvrir de façon opaque une surface.

Crépis – Enduit à la finition grossière.

Cru – On dit d’un sable qu’il est cru lorsqu’il comprend peu de fines, que sa courbe granulométrique est très compacte. Il crisse alors sous la pression de la main. Généralement ce sont des sables siliceux. C’est le contraire de gras.

Dégrossi – Voir corps d’enduit.

Détrempe à la chaux – Voir eau forte.

Dioxyde de carbone – Gaz carbonique (CO2). Il participe à la prise des liants aériens.

Eau de chaux – Eau comprenant de la chaux dissoute (moins de 1,5 gr par litre). Au-delà, la chaux en suspension forme un lait de chaux, cette eau est basique (pH > 7 ).

Eau forte – Lait de chaux très dilué ou détrempe à la chaux, formé par 1 volume de chaux pour 4 à 8 volumes d’eau.

Efflorescences – Cristaux formés en surface des parements de pierre ou d’enduit, par l’évaporation d’eau chargée en sels.

Enduit – Revêtement composé d’une ou plusieurs couches d’un matériau plastique, destiné à assurer la protection (eau, isolation) et la présentation de l’ouvrage qu’il recouvre.

Entraîneur d’air – Adjuvant favorisant la formation de bulles d’air dans les mortiers.

Extinction – Opération qui consiste à passer par hydratation de la chaux vive à la chaux éteinte; cette réaction est exothermique et s’accompagne d’une augmentation de volume qu’on nomme foisonnement.

Faïençage – Microfissuration d’un enduit généralement due à un surdosage en liant, à une dessiccation rapide du mortier, ou à un excès de fines.

Fines – Particules les plus fines du sable, souvent d’origine argileuse, à l’origine des faïençages de certains enduits (granulométrie inférieure à 0,1 mm).

Fixatif – Adjuvant contribuant à fixer et à lier les pigments d’un lait de chaux, on parle aussi de stabilisant ou liant complémentaire.

Fleur de chaux – Voir aussi chaux aérienne éteinte.

Foisonnement de la chaux – Voir extinction de la chaux. Variation volumétrique des sables suivant leur taux d’hydrométrie et de tassement.

Fresque (a fresco) – Technique qui consiste en l’application de lait de chaux sur un enduit frais, c’est à dire ayant à peine commencé sa prise. Le mortier est alors fermé et résiste au pinceau.

Fresques – Peintures murales réalisées par l’application de pigments mélangés dans de l’eau sur un enduit frais. Cette technique exige l’utilisation d’une chaux la plus aérienne possible, des pigments finement broyés, plusieurs couches avec des agrégats judicieusement choisis.

Gobetis – Première couche d’un enduit dont le rôle essentiel est d’assurer l’accroche au support.

Goutte d’eau ou goutte pendante – Saignée sous les bandeaux, moulures, corniches, destinée à favoriser la formation de « gouttes d’eau ». Cette saignée à pour but d’empêcher l’eau de poursuivre son chemin.

Granularité – Désigne les proportions de grains de différentes grosseurs d’un sable.

Granulats – Voir agrégat.

Granulométrie – Mesure physique de la granularité. Elle s’exprime sous la forme d’une fourchette mini-maxi de taille des agrégats. (Exemple : 0-3 mm sable ayant des grains de taille comprise entre 0 et 3 mm).

Gras – Caractère onctueux, plastique d’un mortier pou un sable, cela signifie qu’il contient des fines, c’est le contraire d’un sable cru.

Gypse – Roche sédimentaire, appelée pierre en plâtre, composée de sulfate de calcium.

Hydrate de chaux – Voir chaux éteinte.

Hydraulique – Caractère d’une chaux qui fait sa prise à l’eau.

Hydrofuge – Adjuvant utilisé pour diminuer l’absorption d’humidité.

Hydroxyde de calcium – Voir chaux éteinte.

Hydroxyde de chaux – Voir chaux éteinte.

Jetis – Finition d’enduit décoratif jeté (à la truelle : jetis à la truelle, ou balais de bouleau : jetis au balais).

Jointoyer – Action d’exécuter les joints d’une maçonnerie de pierre ou de brique.

Lait de chaux – Mélange d’eau et de chaux, coloré ou non, appliqué à la brosse sur de parements le plus souvent minéraux (enduits, pierre). Voir chaulage, badigeon, eau forte, patine.

Liant – Le liant d’un mortier est la matière qui assure la liaison entre chaque composant du mortier.

Modénature – Profil des moulures. Désigne, par extension, l’ensemble des ornements moulurés.

Moulure – Profil constant en creux ou en relief, réalisé en pierre ou en mortier.

Mortier – Mélange d’eau, de sable et de liant destiné à tous les travaux de maçonnerie.

Mouillant (agent) – Adjuvant utilisé pour faciliter le mélange des pigments dans les laits de chaux, pour accroître la souplesse et la plasticité des mortiers.

Ocre – Pigment minéral d’origine naturelle dont la coloration est due à des oxydes de fer. On parle le plus souvent d’ocre jaune et d’ocre rouge.

Ouvrabilité – Propriété d’un béton de se laisser plus ou moins aisément mettre en place dans le coffrage. Délai durant lequel un mortier peut être utilisé, travaillé.

Parement – Face verticale d’un mur.

Patine – Lait de chaux très dilué, utilisé pour ses effets de transparence.

Pigments – Substance colorée, insoluble. Ils colorent la surface sur laquelle ils sont appliqués sans pénétrer dans la matière à la différence des teintures.

Plâtre – Liant obtenu par chauffage du gypse. Semi-hydrate de sulfate de calcium et/ou anhydrite de sulfate de calcium.

Portland – Nom d’une carrière en Angleterre où fut découvert le ciment ; par extension ciment.

Pouzzolane – Désigne, à l’origine, des cendres volcaniques extraites dans la région de Pouzzoles en Italie. Matériau riche en alumine, silice, chaux et fer réagissant avec la chaux et l’eau pour former un hydrate stable qui contribue aux propriétés hydrauliques du mortier formé.

Prise (début de) – Moment auquel le liant perd ses propriétés plastiques de mise en œuvre et où commence le processus de durcissement.

Rétenteur d’eau – Adjuvant ralentissant l’évaporation de l’eau de gâchage d’un mortier.

Retrait – Diminution d’un volume d’un mortier au moment de sa prise, essentiellement dû à l’évaporation de l’eau et à la diminution du volume du liant (sauf pour le plâtre).

Sable – Agrégat fin dont la taille des grains ne dépasse pas 5 mm.

Sec (A secco) – Technique qui consiste à appliquer un lait de chaux sur un support d’enduit ayant fais sa prise ou sur un support de pierres ou de briques.

Serrage – Action de serrer un enduit pour tasser le mortier en vue de fermer la porosité, d’améliorer la finition et, éventuellement, de prévenir la fissuration.

Silicate – Corps à base de silice obtenue par calcination et contribuant avec les carbonates de calcium à l’hydraulicité des chaux. C’est aussi une forme liquide de silice (peinture aux silicates) qui permet la réalisation de peinture ou de consolidation de support minéraux.

Stuc – Revêtement d’enduit en aplat ou en relief imitant la brillance du marbre, de couleur blanche ou coloré avec des pigments et composé d’un mélange de chaux aérienne et de poudre de marbre. On parle alors de stuc à la chaux. D’autres sortes de stucs sont réalisés à partir de plâtre, de pigments et de colle de peau.

Taloche – Outil utilisé pour porter le mortier, éventuellement l’appliquer, le surfacer et finir le parement.

Tuileau – Fragment de briques, de tuiles de terre cuite pilées, utilisés dans les mortiers pour leur rôle pouzzolamique (voir pouzzolane) et parfois pour la coloration qu’ils apportent.

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